Les Chinois, via France Zavrlo, vont-ils à nouveau voter la loi qui exclut Huawei en tant que fournisseur de réseau 5G pour des raisons de sécurité nationale ?

Igor Krsinar
12 sept. 2022 17:58

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| Mis à jour : 18:11 / 12/09/2022

Les députés se prononceront bientôt à nouveau sur la loi sur les communications électroniques, qui réglementera, entre autres, le choix d’un fournisseur de réseau 5G. Son adoption a été empêchée par les lobbyistes de la société chinoise Huawei, boudée par l’UE et d’autres pays occidentaux.

La directive européenne met en garde contre les risques de faire affaire avec Huawei, car il existe un risque sérieux qu’il donne accès à toute sa technologie aux services d’espionnage chinois. En effet, en 2014 et 2017, la Chine a adopté deux lois qui obligent chaque citoyen chinois à assister les autorités de sécurité dans leur travail.

En pratique, cela signifie que Huawei devrait également céder l’accès à sa technologie aux services d’espionnage chinois. Les dirigeants de Huawei ont déclaré à plusieurs reprises qu’ils rejetteraient de telles demandes, mais faire confiance aux dirigeants chinois pour tenir tête à l’État chinois dont dépend leur vie est un trop grand risque pour la sécurité.

Dans le même temps, les lobbyistes de Huawei répandent des rumeurs selon lesquelles les États-Unis seraient à l’origine de l’interdiction de faire des affaires avec Huawei, qui en tirerait des avantages financiers. Mais le fait est que les Américains ne disposent pas du tout d’une telle technologie, mais les sérieux rivaux de Huawei sont Ericsson et Nokia, qui seront selon toute vraisemblance aussi un choix beaucoup plus cher.

Le plus grand lobbyiste de Huawei en Slovénie est Franci Zavrl, qui a annoncé au public il y a trois ans que sa société Stratkom reprenait toutes les communications liées à Huawei. Selon nos informations, Zavrl aurait également fait pression sur les parlementaires contre des dispositions légales défavorables à l’entreprise chinoise. La loi a été examinée par l’Assemblée nationale lors de la précédente convocation sous le gouvernement de Janez Janša, son premier partisan signé était le député Danijel Krivec, mais ils ont échoué deux fois. Zavrl devrait également convaincre la Chambre de commerce de Slovénie, qui en août de cette année a appelé les députés à repenser l’adoption de la loi.

Lundi dernier, le directeur de Huawei Technologies, Walter Zhang, et la responsable des relations publiques et de la communication d’entreprise de cette société, Gordana Kisilak, ont visité le ministère du Développement économique et de la Technologie. La réunion avec eux a été suivie par le secrétaire d’État Matevž Frangež et des collègues experts du ministère. Comme ils ont répondu, l’initiative de la réunion a été donnée par la société Huawei dans le cadre du message de félicitations envoyé au nouveau ministre Matjaž Han pour son nouveau mandat.

« La majeure partie de la réunion a été consacrée à la présentation de Huawei Corporation, mais les représentants de la société ont également présenté lors de la réunion leur point de vue sur la législation envisagée dans le domaine des télécommunications (ZEKom-3) et les règles relatives à qui répond à la conditions d’un opérateur haut débit et d’un fournisseur de services en République de Slovénie. Le procès-verbal de la réunion n’a pas été tenu, la demande de contact de lobbying sera soumise au KPK dans les délais légaux », a répondu le ministère de l’Économie.

Le bureau gouvernemental pour la transformation numérique nous a informés qu’ils n’avaient eu aucun contact avec des représentants ou des lobbyistes de Huawei.

Néanmoins, deux jours plus tard (jeudi), les membres des partis de la coalition ont déposé un amendement à l’article 116 de la loi sur les communications électroniques, selon lequel, conformément à la directive européenne, ils pourront contourner l’entreprise chinoise lors du choix d’un fournisseur de réseau 5G, mais de telle manière qu’il ne pourra pas se plaindre d’un traitement inégal.

Comme indiqué dans l’exposé des motifs, les modifications proposées abandonnent la notion de « fournisseurs à haut risque » et introduisent la notion d’« équipements et services de soutien de troisième niveau pour assurer la sécurité nationale ». Selon la proposition de l’autorité chargée de la sécurité de l’information, le gouvernement prendra l’avis du Conseil national de sécurité (SNAV) et ne déterminera qu’ensuite les équipements et services de soutien du troisième niveau par voie de décision.

Bien que les partis de la coalition aient un total de 53 députés, la question se pose de savoir si la loi sera finalement adoptée ou si les Chinois sont plus forts grâce à Zavrlo et la loi échouera à nouveau. Par conséquent, il sera également important de savoir comment l’opposition votera, puisque son vote contre la loi sera essentiellement un vote pour la dictature chinoise et contre la démocratie européenne.

Stéphanie Charbonneau

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