« Cette situation présente des risques pour notre pays. »

Le président français Macron a perdu la majorité absolue

Emmanuel Macron a perdu la majorité absolue au parlement, notamment au prix d’un fort renforcement de la gauche et de l’extrême droite, et va devoir chercher des alliés pour ses projets de réforme.
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En France, lors du deuxième tour décisif des élections législatives de dimanche, l’Alliance du président Emmanuel Macron a remporté 246 sièges sur les 577 membres de l’Assemblée nationale. Avec cela, Macron a perdu la majorité absolue au parlement, notamment au prix d’un fort renforcement de la gauche et de l’extrême droite, et va devoir chercher des alliés pour ses projets de réforme.

La nouvelle alliance de gauche Nupes, dirigée par l’homme politique de gauche Jean-Luc Melenchon, a remporté 142 sièges, selon les résultats officiels publiés aujourd’hui, ce qui en fait le parti d’opposition le plus puissant.

Le parti La France insoumise, socialistes, communistes et écologistes ont rejoint l’alliance. Après l’annonce des résultats, Melenchon a déclaré que le parti du président avait subi une défaite complète et qu’il avait désormais toutes les possibilités entre ses mains.

L’Assemblée nationale d’extrême droite, dirigée par Marina Le Pen, s’est également nettement renforcée, avec 89 sièges à l’approche du scrutin. C’est le meilleur résultat du parti aux élections législatives jusqu’à présent.

Le taux de participation était de 46,23%, en baisse par rapport au premier tour il y a une semaine, mais plus qu’en 2017, lorsque le taux de participation était à un niveau record, a rapporté l’agence de presse française AFP.

Le camp de Macron, Ensemble, perd ainsi la majorité absolue sur laquelle le président aurait pu compter lors de son premier quinquennat.

« Cette situation présente des risques pour notre pays compte tenu des défis auxquels nous sommes confrontés tant au niveau national qu’international », a commenté dimanche la Première ministre Elisabeth Borne à propos des résultats. Elle a annoncé qu’ils commenceraient à chercher des alliés aujourd’hui pour former une majorité de travail.

La coopération avec les républicains de droite, qui ont remporté 64 sièges, est proposée comme l’option la plus probable. Le président de l’un des deux principaux partis du pays, Christian Jacob, a souligné la douloureuse défaite de Macron dans sa première réponse et a indiqué que le partenariat n’allait pas de soi.

« Du côté du parti au pouvoir, ‘il faudra beaucoup d’imagination’ dans une nouvelle situation politique inédite dans la France moderne. »

Bruno Le Maire,
Ministre de l’Economie

D’autres voix du pôle droit, quant à elles, se sont montrées plus ouvertes à la coopération. L’ancien ministre Jean-François Copé a souligné que l’accord gouvernemental entre Macron et les républicains était crucial pour lutter contre la montée des extrêmes.

En réponse, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a nié qu’il ne serait pas possible de gouverner en France, mais a reconnu que le parti au pouvoir aurait « besoin de beaucoup d’imagination » dans la nouvelle situation politique, sans précédent dans la France moderne.

Un autre coup porté au gouvernement Macron a été la défaite de certains ministres et autres membres du gouvernement, qui devront dire adieu à leurs fonctions conformément aux usages politiques français. La ministre de la Santé Brigitte Bourguignon et la ministre de l’Environnement et de la Transition verte Amélie de Montchalin n’ont pas réussi à se rendre au parlement.

Deux autres proches alliés de Macron, le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand et l’ancien ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, ont également dû s’incliner dans la bataille pour le siège parlementaire.

En revanche, dans une course électorale serrée, les sièges ont été défendus par le ministre des Affaires européennes Clément Beaun et le ministre de l’Administration publique Stanislas Guerini, considérés comme les jeunes piliers du parti.

Le résultat apporte un arrière-goût amer à Macron après sa victoire d’avril à l’élection présidentielle, lorsqu’il est devenu le premier président français à remporter un second mandat après plus de deux décennies.

« C’est un tournant dans son image d’invincibilité », a déclaré à l’AFP Bruno Cautres, chercheur au Centre de recherche politique de l’université du Pô.

Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel, estime que l’issue signifie pour lui une complication dans la mise en œuvre des réformes prévues – baisses d’impôts, réformes de la sécurité sociale et relèvement de l’âge de la retraite. « Pour Macron, ces cinq années s’articuleront toutes autour de négociations et de compromis parlementaires », a-t-il déclaré à l’AFP.

Le journal Le Monde a accompagné les résultats de la légende « Macron face au risque d’impuissance politique » en couverture, et Le Figaro a estimé que les résultats laissent entrevoir la possibilité d’un « nouveau mandat mort-né ».

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Frédéric Charron

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